Société Française de Rhumatologie

Dossier Spondylarthrite ankylosante


F. Comment traiter aujourd'hui la spondylarthrite ?


>> Les biothérapies : qu'est ce que c'est ?


Depuis quelques années, une nouvelle famille de produits est apparue : les biothérapies. Cette dénomination vient du fait qu'ils sont créés grâce à la biologie. Ainsi, on peut aujourd'hui cultiver des cellules et leur faire synthétiser un anticorps dirigé spécifiquement contre une cible bien particulière suspectée dans le déclenchement ou l'entretien d'une maladie. C'est le cas par exemple pour le Tumour necrosis factor alpha (TNF alpha) qui est présent à l'état normal dans l'organisme et actif dans les processus de défense de l'organisme. Au cours de la spondylarthrite, l'activité du TNF-alpha est beaucoup trop élevée. On a donc réussi à fabriquer des anti-TNF alpha qui s'opposent à son action inflammatoire.


Aujourd'hui pour la spondylarthrite, sont commercialisés 3 produits dirigés contre le TNF-alpha : l'infliximab (Remicade ©) l'étanercept (Enbrel ©) et l'adamilulab (Humira ©)


Les anti-TNFalpha utilisés dans la spondylarthrite démontrent non seulement un effet symptomatique très puissant et complet, mais il empêchent probablement l'évolution vers la destruction articulaire et vers l'ankylose osseuse.

Le mode de fabrication rend compte en partie du coût très élevé de ces traitements.

Dans la spondylarthrite ankylosante, ces produits semblent donc remarquablement efficaces tout en présentant dans l'ensemble peu fréquemment des effets secondaires (même si la surveillance doit être extrêmement rigoureuse tout au long de leur administration).


Leur prescription appartient aujourd'hui aux rhumatologues hospitaliers. Il faut en effet répondre à plusieurs critères pour pouvoir en bénéficier. Le suivi est ensuite souvent assuré en ville. Ils sont en général administrés après échec des traitements de fond traditionnels dans les atteintes articulaires périphériques ou extra-articulaires sévères, ainsi que dans les atteintes axiales (rachis et sacro-illiaque) résistantes aux traitements AINS bien conduits.

De nombreuses pathologies, en cours ou anciennes, doivent être éliminées avant de prescrire ces anti-TNFalpha. La surveillance doit être effectuée très régulièrement et pendant toute la durée du traitement.

Selon le produit choisi, l'administration se fait soit en perfusion intraveineuse à l'hôpital en hospitalisation de jour toutes les 8 semaines, soit par voie injection sous cutanée une fois par semaine ou tous les 14 jours.

On peut juger de l'efficacité de ces produits au bout de 12 semaines. Néanmoins, les 3 médicaments anti-TNFalpha ont un délai d'action courte. Ils peuvent commencer à agir dans les 15 jours après la première injection.

Comme tous les médicaments, les anti-TNF ont des effets indésirables. De par leur mécanisme d'action (blocage d'un élément actif dans les défenses de l'organisme), ces produits posent des problèmes de tolérance vis à vis des infections et peut être du développement de certaines tumeurs.

Les effets indésirables sont presque les mêmes pour ces trois produits. Les risques infectieux, en particulier le réveil d'une tuberculose ancienne insuffisamment traitée, représentent le principal problème. Le dépistage d'une tuberculose pré existante est donc un pré requis avant la prescription de tout anti-TNFalpha. Comme il existe un risque potentiel d'aggravation d'une éventuelle infection banale, vous devez consulter votre médecin au moindre doute.

Quelque cas sont décrits d'aggravation ou d'apparition de signes évoquant une sclérose en plaque.

D'exceptionnelles insuffisances cardiaques ont été rapportées.

Des incertitudes existent également sur le long terme malgré le fait que les anti-TNFalpha aient déjà été prescrits à plus de 1,5 million de personnes dans le monde. Il faut en effet un recul d'environ 10 ans, ce qui n'est pas encore le cas, pour savoir s'il existe ou non un risque d'apparition de lymphome ou cancer du sang. Les données actuelles sont plutôt rassurantes mais un suivi très attentif est actuellement en cours.

La surveillance est régulière et obligatoire, par ailleurs votre médecin vous expliquera toutes les circonstances qui doivent vous faire consulter au plus vite en cas d'apparition d'un effet indésirable. Par exemple, toute fièvre doit vous conduire le jour même chez votre médecin traitant afin de discuter une éventuelle antibiothérapie et suspendre transitoirement l'anti-TNFalpha.

Il est indispensable d'avoir une contraception efficace pendant toute la durée du traitement. De même, si une intervention chirurgicale est envisagée, elle doit être programmée de façon à modifier le traitement comme il convient.



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© SFR - Dossier spondylarthrite 2007