Société Française de Rhumatologie

Dossier Spondylarthrite ankylosante


F. Comment traiter aujourd'hui la spondylarthrite ?


>> Que penser des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ?



Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont des médicaments incontournables dans la prise en charge de votre spondylarthrite. Leur efficacité dans cette maladie est tellement importante, qu'on les considère comme un test diagnostique. En effet, ils apportent une amélioration sur les douleurs rachidiennes inflammatoires de la spondylarthrite, bien supérieure à celle que l'on peut constater au cours d'une atteinte arthrosique de la colonne vertébrale. Mais, leur efficacité disparaît en moins de 48 heures, si le traitement est interrompu.


Les familles chimiques des AINS sont nombreuses. Il est impossible de prévoir quel produit sera efficace et bien toléré dans votre cas. Si celui que l'on vous a prescrit ne semble pas suffisant ou s'il entraîne des effets secondaires, il ne faut pas vous décourager, car votre médecin pourra facilement vous en donner un autre d'une famille différente. À l'inverse, si le produit prescrit vous soulage correctement et que vous le tolérez bien, il n'y a aucune raison d'en changer. En effet, la perte d'efficacité au cours de l'évolution est en général due à une évolution de la maladie et non à une résistance à l'AINS. Il faut alors que votre médecin réajuste votre traitement.


Différents modes d'administration existent. En général, et en dehors des crises aiguës, la voie orale est choisie. Les formes à libération prolongée permettent de diminuer le nombre de prise par jour car leur durée d'action est prolongée. C'est une forme adaptée si vous souffrez de douleurs nocturnes : 1 prise d'un AINS à libération prolongée le soir au dîner permet de couvrir toute la nuit.


L'acide acétylsalicylique ou aspirine, est très peu employé au cours de la spondylarthrite, car il entraîne de nombreux effets secondaires digestifs. C'est toutefois un produit que vous possédez peut être dans votre armoire à pharmacie et que vous utilisez volontiers contre divers problèmes douloureux. Il faut savoir dans ce cas, qu'à partir de 2 grammes par jour, l'effet anti-inflammatoire apparaît et qu'il ne faut surtout pas l'associer à un autre anti-inflammatoire. Donc, si vous prenez de l'aspirine de vous même, signalez le à votre médecin !
La phénylbutazone a longtemps était l'AINS volontiers administré pour traiter les spondylarthrites. Car ce produit étant éliminé très lentement de l'organisme, (cinq jours pour une élimination de 50%), il avait une durée d'action longue. Cela permettait de diminuer la fréquence des prises. Mais, cette présence prolongée de la molécule dans l'organisme exposait également à un risque accru d'effets secondaires. En particulier, la phénylbutazone peut entraîner une baisse du nombre des cellules sanguines (surtout les globules blancs et les plaquettes). Une surveillance stricte par des prises de sang sera donc instaurée si ce produit vous est prescrit. Toute angine traînante non expliquée, ou tout saignement notamment des gencives au brossage des dents, doivent vous amener à consulter immédiatement votre médecin. Même si ces complications sont réversibles, l'existence d'AINS tout aussi efficaces, en on fait limiter l'usage.


Les AINS présentent comme tous les médicaments des effets indésirables. Parmi ces derniers, on leur reproche particulièrement leur mauvaise tolérance digestive. Si vous redoutez particulièrement les effets secondaires digestifs des AINS (ce qui est une crainte très répandue chez les patients), il faut savoir qu'il existe aujourd'hui des moyens de prévenir ce risque et que votre médecin, s'il le juge utile, vous prescrira une protection gastrique. Ce ne doit pas être (sauf cas exceptionnel) un motif pour refuser de prendre ces médicaments.
Vous avez probablement entendu parler de la dernière génération des AINS qui est celle des coxibs. Sans entrer dans les détails, sachez que ces nouveaux produits sont aussi efficaces que les AINS dits « classiques », mais qu'il sont globalement mieux tolérés sur le plan digestif. Toutefois, dans la spondylarthrite, il est fréquent que des manifestations intestinales inflammatoires (entérocolites) compliquent cette pathologie. Or, dans ces cas les études ont montré que les coxibs, tout comme les AINS « classiques » peuvent aggraver ces entérocolites. En dehors de ces complications, d'autres effets secondaires existent. Il faut signaler à votre médecin, si vous souffrez d'hypertension artérielle et quels sont les médicaments que vous prenez dans ce cas, car les AINS pourraient alors avoir éventuellement des effets sur la fonction rénale.


L'âge favorise la survenue d'effets secondaires des AINS, en particulier digestif et rénal. Votre médecin pourra donc être amené des solutions de rechange.



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© SFR - Dossier spondylarthrite 2007