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Société Française de Rhumatologie

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Revue du Rhumatisme 71 (2004) 565-572

Le TRAPS

Définition, sémiologie, pronostic, pathogénie, traitement, place par rapport à d’autres rhumatismes intermittents

Tumor Necrosis Factor Receptor-Associated Periodic Syndrome (TRAPS): definition, semiology, prognosis, pathogenesis, treatment, and place relative to other periodic joint diseases

Charles Masson *,Virginie Simon, Emmanuel Hoppé, Paolo Insalaco, Idrissa Cissé, Maurice Audran

Service de rhumatologie, centre hospitalier universitaire d’Angers, 49033 Angers cedex 01, France

Reçu le 22 août 2003 ; accepté le 20 octobre 2003
Disponible sur internet le 03 décembre 2003


Résumé

Le TRAPS (Tumor necrosis factor-Receptor-Associated Periodic Syndrome) réalise une fièvre héréditaire intermittente à transmission
mendélienne dominante liée à des mutations du récepteur 1A du TNF (le TNFRSF1A) se traduisant par des accès douloureux articulaires, abdominaux, musculaires, cutanés, oculaires. L’origine ethnique des patients est l’Europe du Nord, mais non exclusivement. Une réponse de phase aiguë est présente en crise. La survenue des crises est variable d’un sujet à l’autre. Les patients ont un risque de développer une amylose AA, en particulier rénale, hépatique. Le TNFRSF1A soluble est en général bas en intercrise, parfois normal en crise alors que le TNF est augmenté. Le nombre des récepteurs TNFRSF1A sur la membrane cellulaire des leucocytes est, en revanche, augmenté. La zone chromosomique 12p13 comporte des mutations du gène TNFRSF1A, première situation de reconnaissance de mutations naturelles d’un récepteur du TNF. Le mécanisme pathogénique chez certains patients est un défaut de libération du TNFRSF1A membranaire en réponse à une stimulation donnée, réalisant un concept pathogénique nouveau de maladie provoquée par un défaut de libération d’un récepteur d’une cytokine. Le TRAPS est comparé aux autres fièvres héréditaires périodiques, la maladie périodique, le syndrome de Muckle-Wells, l’urticaire au froid familiale, le syndrome hyper-IgD. Sa place par rapport aux autres rhumatismes intermittents systémiques est précisée. La colchicine est inefficace et ne prévient pas les accès. Les corticoïdes sont efficaces, à une dose orale supérieure à 20 mg par jour. L’hypothèse pathogénique d’un trouble de la libération membranaire du TNFRSF1A conduit à proposer une action ciblée sur le TNF.
© 2003 Elsevier SAS. Tous droits réservés.

Abstract

Tumor Necrosis Factor-Receptor-Associated Periodic Syndrome (TRAPS) is an autosomal dominant inherited condition of periodic fever and pain. Most patients are of northern European descent. The attacks manifest as fever and pain in the joints, abdomen, muscles, skin, or eyes, with variations across patients. An acute-phase response occurs during the attacks. Patients with TRAPS are at risk for AA amyloidosis, the most common targets being the kidneys and liver. Soluble TNFRSF1A is usually low between the attacks and may be normal during the attacks, when TNF levels are high. TNFRSF1A is found in abnormally high numbers on leukocyte cell membranes. TRAPS is the first condition for which naturally occurring mutations in a TNF receptor were found; the mutations affect the soluble TNFRSF1A gene in the 12p13 region. In some patients, the pathogenesis involves defective TNFRSF1A shedding from cell membranes in response to a given stimulus. Thus, TRAPS is a model for a novel pathogenic concept characterized by failure to shed a cytokine receptor. This review compares TRAPS to other inherited periodic febrile conditions, namely, familial Mediterranean fever, Muckle-Wells syndrome, cold urticaria, and hyper-IgD syndrome. The place of TRAPS relative to other intermittent systemic joint diseases is discussed. Colchicine neither relieves nor prevents the attacks, whereas oral glucocorticoid therapy is effective when used in dosages greater than 20 mg per day. The pathogenic hypothesis involving defective TNFRSF1A shedding suggests that medications targeting TNF may be effective in TRAPS.
© 2003 Elsevier SAS. Tous droits réservés.

Mots clés : TRAPS (Tumor necrosis factor-Receptor-Associated Periodic Syndrome) ; Maladie périodique ; Syndrome de Muckle-Wells ; Urticaire au froid familiale ; Syndrome hyper-IgD

Keywords: TRAPS (TNF-Receptor-Associated Periodic Syndrome); Familial Mediterranean fever; Muckle-Wells syndrome; Familial cold urticaria; Hyper-IgD syndrome


1. Le TRAPS

1.1. Définition du TRAPS [1–7]

Le TRAPS (Tumor necrosis factor-Receptor-Associated Periodic Syndrome) réalise une fièvre héréditaire intermittente à transmission mendélienne dominante liée à des mutations du récepteur 1A du TNF (le TNFRSF1A) se traduisant par des accès douloureux articulaires, abdominaux, musculaires, cutanés, oculaires. Une dénomination plus ancienne est la fièvre hibernienne familiale décrite en 1982 dans une famille irlando-écossaise. L’origine ethnique des patients est l’Europe du Nord, mais non exclusivement. Outre la large famille irlando-écossaise [8], des familles de TRAPS sont décrites en Australie, à Puerto Rico, aux États-Unis, en France, et plus dernièrement en Hollande [9] en Allemagne [10], en Finlande [11], au Danemark [12]. Une première observation a été rapportée chez un enfant arabe israélien [13]. En dehors des familles avec une transmission dominante, il existe des cas sporadiques.

1.2. Description clinique des accès douloureux du TRAPS

L’âge de début du TRAPS est variable, mais le plus souvent avant 20 ans. Les douleurs abdominales sont quasi constantes, les arthralgies, les myalgies fréquentes, les douleurs thoraciques possibles, de même que des céphalées, et chez les hommes des douleurs testiculaires. Les douleurs abdominales parfois extrêmement vives s’accompagnent le cas échéant de diarrhée ou de constipation, de nausées, et de vomissements. Les arthralgies présentes chez environ deux tiers des patients pendant les poussées sont monoarticulaires ou oligoarticulaires aux genoux, épaules, coudes, hanches ou encore aux doigts, poignets, articulations temporomandibulaires. Les arthrites sont plus rares ; un épanchement synovial, parfois responsable d’un flessum transitoire est possible. Les myalgies fréquentes touchent un groupe musculaire à la fois, volontiers à la racine d’un membre supérieur ou inférieur, avec gonflement, sensibilité, augmentation de la chaleur locale. Les douleurs thoraciques sont d’origine pleurale (pleurésie aseptique) ou musculaire pariétale. Une éruption cutanée est assez fréquente. La peau en regard des zones de myalgies est érythémateuse, avec un oedème prenant le godet. Les zones d’éruptions maculaires érythémateuses ou sous forme de plaques oedémateuses migratrices ne sont pas toutes siège de douleurs. L’éruption cutanée paraît épargner le visage. En revanche, un oedème péri-orbitaire unilatéral ou une conjonctivite douloureuse ou les deux ensemble sont possibles au cours des accès. Il n’y a pas de signes cutanés histologiques de vascularite, mais un aspect d’infiltrat périvasculaire et interstitiel de lymphocytes et de monocytes.

Un examen d’imagerie par résonance magnétique pratiqué dans le segment de membre symptomatique a montré dans un cas un aspect de myosite localisée avec anomalie du signal musculaire et du tissu sous-cutané sans atteinte des fascias ou des articulations adjacentes [14] et dans un autre cas [15] une fasciite confirmée à l’examen histologique (fasciite avec infiltrat de cellules mononucléées), sans atteinte musculaire.

L’évolution de l’accès douloureux est caractéristique. Les myalgies, l’érythème, l’atteinte articulaire progressent vers la région distale du membre en quelques jours ou semaines chez la majorité des patients (symptomatologie migratrice régionale évocatrice), avec régression sans séquelles. Les accès fébriles et douloureux transitoires durent rarement un à deux jours, souvent plus d’une semaine, et quelquefois plusieurs semaines.

1.3. Anomalies biologiques du TRAPS

Une réponse de phase aiguë est présente en crise avec une élévation de la C-réactive protéine, une hyperleucocytose à polynucléaires neutrophiles, et une consommation modérée du complément [8]. Les immunoglobulines sériques, en particulier les IgA sont possiblement augmentées. Quand il existe une élévation des IgD, elle reste en dessous de 100 UI/ml, contrairement au syndrome hyper-IgD.

Le dosage du TNFRSF1A soluble en intercrise est inférieur à 1 ng/ml chez la plupart des patients ayant un TRAPS. Pendant un accès inflammatoire ses valeurs restent basses ou parfois deviennent transitoirement normales, alors que la concentration du TNF est augmentée. Le dosage du TNFRSF1A est interprété en fonction de la clairance de la créatinine. Il augmente en cas d’insuffisance rénale, par exemple si le patient a une localisation rénale d’amylose [3].

L’analyse de l’ADN génomique confirme typiquement une mutation du gène TNFRSF1A sur le chromosome 12p13. Les anomalies génétiques donnent des mutations faux-sens affectant les domaines extracellulaires du TNFRSF1A portant sur les cystéines qui sous-tendent sa structure spatiale [14,16]. Le TRAPS est la situation où l’on a reconnu pour la première fois une mutation naturelle d’un récepteur du TNF. Dans certains cas, la symptomatologie est très évocatrice du TRAPS, mais on ne retrouve pas l’une des mutations actuellement attendues, ce que McDermott appelle le TRAPSnégatif [2]. De tels patients doivent faire l’objet d’études nouvelles pour découvrir des mutations d’autres gènes liés ou non au TNFRSF1A [17].

La présence de mutations du TNFRSF1A est compatible avec le statut porteur sain (la symptomatologie pour les patients souffrant de TRAPS est de plus intermittente). Il est possible qu’il existe des formes de TRAPS à expression clinique fruste : fièvres récidivantes isolées, myalgies périodiques ou conjonctivites douloureuses périodiques, difficilesà rattacher au TRAPS [3].

1.4. Évolution, pronostic du TRAPS [2–8]

Le nombre, l’intensité, la diversité, la durée des crises sont variables d’un sujet à l’autre et chez un même sujet d’une crise à l’autre. Les intervalles libres d’accès varient de quelques mois à plusieurs années, pendant lesquelles le patient peut oublier sa maladie. Des facteurs déclenchent des accès : un traumatisme localisé, une infection bénigne. Tout se passe comme si la présence du TNFRSF1A muté est compatible avec l’absence de signes cliniques, et il faut un facteur déclenchant pour provoquer les accès caractéristiques intermittents. Des complications peuvent résulter de la corticothérapie répétée ou d’autres traitements.

Une amylose AA, en particulier rénale, hépatique, menaçant le pronostic vital survient dans 25–40 % des cas de TRAPS. Elle semble varier selon les anomalies génétiques présentes dans les familles. Un sujet atteint d’amylose dans une famille implique une surveillance plus grande des autres membres de cette famille, mais le risque n’est pas absolu. Le dépistage se fait par le contrôle une fois par an ou tous les six mois de la protéinurie. Les dépôts d’amylose provenant de la protéine SAA (protéine amyloïdeA sérique) sont visibles sur les coupes tissulaires colorées par le rouge Congo et prennent une coloration verte en lumière polarisée. Il est utile sur le long terme de contrôler les tests d’inflammation, quand le patient est en période sans manifestation clinique évidente, à cause du risque d’amylose AA.

1.5. Pathogénie du TRAPS [3,8,17]

Des études récentes ont confirmé la diminution du TNFRSF1A plasmatique (d’environ de moitié) chez les patients ayant un TRAPS, mais en revanche, notion importante, il existe sur les leucocytes porteurs de la mutation une augmentation des récepteurs TNFRSF1A sur la membrane cellulaire. Chez un sujet n’ayant pas de mutation du TNFRSF1A, l’activation des récepteurs du TNF par le TNF provoque l’activation d’une protéase qui libère le récepteur correspondant du TNF de la surface de la cellule, ce qui diminue la réponse cellulaire induite par le TNF. Le récepteur du TNF libéré passe dans l’espace extracellulaire où il peut se lier avec du TNF libre, limitant ainsi la réponse inflammatoire aussi. Dans la situation du TRAPS, l’hypothèse prévalant est un défaut de libération du TNFRSF1A membranaire en réponse à une stimulation donnée, qui n’est pas toutefois constant.

1.6. Traitement des patients souffrant de TRAPS [3]

La colchicine est inefficace et ne prévient pas les accès ; son action sur la prévention d’une amylose AA n’est pas démontrée dans le TRAPS. Les corticoïdes sont efficaces, à une dose orale supérieure à 20 mg par jour. Ils diminuent la sévérité et la durée des accès inflammatoires qui peuvent durer plusieurs semaines et dans certains cas devenir subintrants. La corticothérapie devient parfois moins efficace ou doit être prescrite plus fréquemment. L’hypothèse pathogénique d’un trouble de la libération membranaire du TNFRSF1A conduit à proposer un blocage de l’action du TNF. L’étanercept, protéine de fusion comportant deux copies du récepteur p75 du TNF lié au fragment constant de l’Ig1 humaine est utilisée pour le traitement du TRAPS. La dose utilisée est de 25 mg d’étanercept en injection sous-cutanée deux fois par semaine, mais pourrait être dans l’idéal adaptée selon le degré d’atteinte. Elle permet une atténuation des effets du TNF en se liant au TNF soluble et membranaire. Elle paraît intéressante soit pour remplacer la corticothérapie soit pour réduire les doses de corticoïdes pour contrôler les accès du TRAPS [11,18]. Dans une étude récente elle ne permet pas d’éviter les accès [7].

2. Comparaison TRAPS et autres fièvres héréditaires familiales (Tableau 1)

2.1. Comparaison TRAPS et maladie périodique [19,20]

Dans le TRAPS et la maladie périodique, les patients souffrent d’accès douloureux intermittents fébriles, articulaires, abdominaux, thoraciques (pleuraux), avec une réponse de phase aiguë, un risque d’amyloseAA et chez les hommes de possibles épisodes de scrotite. Mais beaucoup de signes opposent les deux entités. Les origines ethniques sont différentes. Europe du Nord pour le TRAPS, quoique non exclusivement. Bassin méditerranéen pour la maladie périodique : juifs surtout sépharades, arméniens, arabes du Moyen-Orient, arabes maghrébins, turcs, et parfois autre origine méditerranéenne ou bien sujets n’étant ni d’origine méditerranéenne, ni juifs. La transmission de la maladie périodique est en règle générale autosomique récessive à pénétrance incomplète, dite encore horizontale. La maladie périodique est retrouvée sur une seule génération, chez au moins un frère ou une soeur du patient. La transmission du TRAPS est au contraire autosomique dominante, verticale. Le TRAPS est mis en évidence chez l’un ou les deux parents du patient ou bien chez au moins un oncle ou une tante. Néanmoins même si les mutations s’expriment à l’état récessif dans la maladie périodique, la transmission dans certaines familles de maladie périodique peut apparaître « verticale » compte tenu de la grande fréquence de l’hétérozygotie dans les populations à risque.

L’anomalie génétique est différente entre la maladie périodique et le TRAPS. Le gène de la maladie périodique (sur le chromosome 16) appelé MEFV (ME pour mediterranean et FV pour fever) identifié en 1997, comprend dix exons, et code pour une protéine appelée pyrine ou marénostrine. Cette protéine fait partie de la famille des protéines RoRet, qui comprend aussi l’auto-antigène Ro52 et la RFP (Retfinger- protein). La pyrine/marénostrine s’exprime dans les polynucléaires neutrophiles. La recherche d’une des différentes mutations portant sur le gène MEFV est devenue un outil pour le diagnostic de la maladie périodique. D’autres gènes interviennent dans l’expression de la maladie, sa gravité, ou encore dans l’association avec une amylose AA [21,22]. Le TRAPS a des mutations du TNFRSF1A sur le chromosome 12.

La durée des crises différencie la maladie périodique et le TRAPS. Les crises dans la maladie périodique sont en règle générale plus courtes que dans le TRAPS. Dans la maladie périodique, la température s’élève à 38 ou 39, voire 40 °C en quelques heures, avec des frissons et se normalise en 12 à 36 heures, parfois quelques jours. Le sommet de la crise est atteint en deux à trois jours, et l’accès articulaire régresse en une semaine environ (de 3 jours à plusieurs semaines), sans habituellement de séquelle (font exception quelques cas avec une forme articulaire chronique en particulier à la hanche).

La fièvre disparaît avant la sédation des douleurs. Il n’existe ni oedème péri-orbitaire ni conjonctive douloureuse. Les myalgies localisées transitoires possibles dans la maladie périodique, sont toutefois plus évocatrices du TRAPS. L’éruption de la maladie périodique douloureuse siège parfois sur le tronc ou le visage, avec des placards cellulodermiques rouges vifs, mais surtout aux membres inférieurs, en dessous des genoux avec une peau rouge, infiltrée, ressemblantà un érysipèle, ou aux mains. Cette localisation cutanée aux mains ou pieds est évocatrice de la maladie périodique. Dans le TRAPS, l’éruption n’épargne que le visage.

Une péricardite est possible dans la maladie périodique, de même qu’une splénomégalie, une hépatomégalie (en dehors d’une localisation de l’amylose) et d’autres manifestations intermittentes, comme la méningite périodique aseptique de caractéristique discutée. Dans la maladie périodique un déficit de l’inhibiteur enzymatique du fragment C5a du système du complément est présent dans les liquides péritonéaux et synoviaux.

L’efficacité de la colchicine est en faveur de la maladie périodique. La colchicine à la posologie quotidienne de 1 mg en une ou deux prises (parfois 1,5 à 2 mg/jour) prévient les accès dans la majorité des cas et évite la constitution d’une amylose AA. La corticothérapie dans la maladie périodique pourrait réduire l’évolution de certains accès lorsqu’elle est utilisée précocement et à forte dose, mais avec un risque de rebond si elle est utilisée au long cours lors des essais de sevrage. En pratique la place de la corticothérapie au cours de la maladie périodique est habituellement très réduite.

2.2. Comparaison TRAPS, syndrome de Muckle-Wells et urticaire au froid familiale

Le syndrome de Muckle-Wells et l’urticaire au froid familiale font aussi partie des fièvres héréditaires, avec comme pour le TRAPS, une transmission autosomique dominante. Le syndrome de Muckle-Wells décrit en 1962 dans une famille anglaise comporte en plus des arthralgies ou arthrites intermittentes avec une réponse de phase aiguë, une urticaire, une surdité de perception neurosensorielle d’aggravation progressive et un risque d’amylose, en particulier rénale. Les anti-inflammatoires sont peu efficaces. L’anomalie génétique porte sur le gène CIAS1 du chromosome 1 (en 1q44) [23], tout comme pour l’urticaire au froid familiale [24]. Ce syndrome
décrit en 1940 débute dans la petite enfance et se traduit par une urticaire survenant quelques heures après une exposition au froid, dans une série récente le délai minimal est de 90 minutes, et pour des températures inférieures ou égales à 22 °C [25]. Il comporte aussi des accès douloureux, fébriles, avec frissons, arthralgies, arthrite, conjonctivite, et un risque d’amylose AA. La peau est parfois le siège aussi de macules, de plaques érythémateuses, de pétéchies. La protéine correspondante au gène CIAS1 a des régions homologues avec celle de la pyrine et est appelée compte tenu de ses circonstance de découverte, cryopyrine [26–28]. De plus en plus de familles sont décrites en Europe, et dans d’autres contrées. Ainsi au nord de l’Inde, plusieurs membres d’une famille ont une maladie caractérisée par un début précoce d’accès intermittents avec une fièvre durant au delà d’une semaine, une urticaire, un oedème péri-orbitaire, des arthralgies modérées à sévères, une réponse de phase aiguë, une réponse à la colchicine, des cas d’amylose AA et des mutations sur le site chromosomique 1q44 [29].

Certains rapprochent également deux autres entités. Le CINCA (chronic, infantile, neurological, cutaneous and articular) syndrome appelé aussi NOMID (Neonatal infantile Onset Multisystem Inflammatory Disease), où des mutations sur le gène CIAS1 sont décrites [30,31]. Et la neutropénie cyclique appelée encore hématopoïèse cyclique autosomique dominante, caractérisée par des fluctuations cycliques du nombre de polynucléaires neutrophiles, de monocytes, d’éosinophiles, de lymphocytes, de plaquettes et de réticulocytes dans le sang circulant avec des cycles en moyenne de 21 jours, parfois 15 à 35 jours. Les périodes de neutropénie s’accompagnent de fièvre, de malaise, d’ulcération des muqueuses et parfois d’infections graves. Le gène de la neutropénie cyclique (ELA2) a été identifié et code pour uneélastase des polynucléaires neutrophiles [32].

2.3. Comparaison TRAPS et syndrome hyper-IgD [33–36]

Le syndrome hyper-IgD identifié depuis 1983–1984 a des points communs avec le TRAPS : accès fébriles (non périodiques), arthralgies, arthrite, douleurs abdominales intenses fréquentes, avec souvent une diarrhée, des nausées, des vomissements. Les signes cliniques disparaissent progressivement en quelques jours, parfois plusieurs semaines. Les signes articulaires peuvent se traduire par une oligoarthrite, souvent symétrique, qui manque lors des premières crises. Une éruption maculaire ou papulaire est possible. Une réponse de phase aiguë est présente lors des accès. Le taux d’IgA sérique est souvent augmenté.

Beaucoup d’éléments opposent toutefois le syndrome hyper-IgD et le TRAPS. La plupart des patients souffrant du syndrome hyper-IgD sont originaires d’Europe mais surtout de Hollande, de France (toutefois non exclusivement). Le syndrome hyper-IgD débute en règle générale avant l’âge de dix ans, le plus souvent dès la première année (rarement chez l’adulte). L’examen retrouve des adénopathies, inguinales, axillaires et surtout cervicales, bilatérales, parfois une hépatosplénomégalie. Il n’y a pas d’accès pleuraux. Surtout le taux d’IgD est supérieur à 100 mU/ml ou encore 140 mg/L, à deux dosages à un mois d’intervalle. Il n’y a pas de risque d’amylose. La prédisposition au syndrome hyper-IgD est liée à des mutations (non constantes toutefois) du gène MVK codant la mévalonate kinase sur le chromosome 12q24 [37–39]. La mévalonate kinase intervient dans le métabolisme du mévulonate, intermédiaire dans la voie de synthèse du cholestérol. Le dosage de la mévalonate kinase lymphocytaire montre sa diminution [40]. Ce déficit enzymatique n’est pas aussi profond que dans l’acidurie mévalonique, qui est due à d’autres mutations du gène de la mévalonate kinase. L’efficacité de la colchicine et des anti-inflammatoires (AINS, corticothérapie) est inconstante et partielle [41]. Une
réponse incomplète sous étanercept a été notée [42].

Tableau 1

Caractéristiques principales et traits distinctifs de quatre fièvres périodiques héréditaires avec manifestations articulaires intermittentes

  TRAPS ou fièvre hibernienne Maladie périodique Syndrome de
Muckle-Wells a
Syndrome hyper-IgD
Transmission b Verticale Horizontale Verticale Horizontale
Age de début Souvent < 20 ans, Variable < 20 ans, souvent vers 4 ans Enfance Première année
Durée typique
des accès
fébriles
> 14 jours < 2 jours Variable 4–6 jours
Douleurs abdominales Fréquentes Très fréquentes Rares Fréquentes
Douleurs thoraciques Fréquentes, pleurésie Fréquentes, pleurésie Rares Non décrites
Signes cutanés Fréquents, pseudo-érysipèle Variables pseudo-érysipèle L’urticaire est incluse
dans la définition
Fréquents, macules papules
Autres signes OEdème péri-orbitaire unilatéral,
conjonctivite, myalgies focales,
arthrite, orchite
Péricardite, arthrite, orchite,
méningite
Surdité, arthralgies,
arthrite
Céphalées, adénopathies
cervicales, arthrite
Particularité
biologique
Récepteur de type 1 du TNF en taux
sérique bas
Inhibiteur du C5a bas dans le
liquide péritonéal ou synovial
Inconnue Taux d’IgD sérique élevé
Risque d’une
amylose AA
Oui Oui Oui Non
Gène incriminé TNFRS1A MEFV CIAS1 MVK
Site ou région
chromosomique
12p13 16p13.3 1q44 12q24
Protéine Récepteur du TNF de type 1A Pyrine/marénostrine Cryopyrine Mévalonate kinase
Traitement Corticothérapie Biothérapie Colchicine Symptomatique Symptomatique

a L’urticaire au froid familiale est rapprochée de ce syndrome.
b Transmission verticale, maladie chez l’un ou les deux parents du patient ou chez au moins un oncle ou une tante ; transmission horizontale, maladie chez au moins un frère ou une soeur du patient [3]. Pour la maladie périodique, la fréquence de l’hétérozygotie dans la population à risque peut expliquer une transmission apparente « verticale » alors que les mutations sont récessives.

3. Place du TRAPS par rapport à d’autres rhumatismes intermittents [43–45]

Le contexte familial est fortement évocateur du diagnostic, la transmission étant autosomique dominante. Les premiers accès chez un sujet donné, souvent un enfant, sont toutefois difficiles à interpréter. Beaucoup de diagnostics peuvent être envisagés selon la présentation initiale : infections, urgences chirurgicales, hémopathies, cancers profonds, maladies systémiques, en particulier une maladie de Still. Chez un enfant et surtout un adulte avec une symptomatologie rhumatologique prédominante (rhumatismes intermittents) un certain nombre d’entités peut être envisagé. Elles sont résumées dans le Tableau 2.

Parmi les affections articulaires intermittentes chez l’enfant il est décrit également deux entités particulières, l’arthrite récurrente familiale et le syndrome de Marshall. L’arthrite récurrente familiale (FRA, pour familial recurrent arthritis), proche du « PAPA syndrome » (pyogenic sterile arthritis, pyoderma gangrenosum, severe cystic acne) comporte des arthrites purulentes stériles récidivantes (apparaissant entre un et 16 ans), des lésions de pyoderma gangrenosum, une acné kystique sévère, avec un gène en cause possiblement localisé en 15q22–24 [46]. Le syndrome de Marshall se traduit à partir de l’âge de trois ans, par des accès avec fièvre à 40 °C, des frissons intenses, une pharyngite, des adénopathies cervicales volumineuses, des aphtes buccaux, et parfois des douleurs abdominales, des arthralgies, durant cinq jours, avec une vraie périodicité de quatre à neuf semaines [47]. Une réponse de phase aiguë est présente pendant les crises. Des prodromes peuvent annoncer les accès : asthénie, céphalées, dysphagie, anorexie. La guérison survient avant 15 ans.

Chez l’enfant et chez l’adulte, il est possible qu’un certain nombre de cas diagnostiqués comme étant une maladie de Still à forme systémique polycyclique, avec des intervalles courts se révèlent après études complémentaires des observations de TRAPS. Des poussées comportant une fièvre importante, des arthralgies, des arthrites, des myalgies, des signes cutanés, éventuellement des atteintes thoraciques, abdominales, une réponse de phase aiguë, en l’absence d’anticorps antinucléaires, de facteurs rhumatoïdes, d’anticorps antipeptides cycliques citrullinés peuvent traduire aussi bien une poussée de maladie de Still que celle du TRAPS. Notons par ailleurs que chez l’adulte, Amor et al. ont décrit le syndrome de Flory, qui rassemble des patientes ayant volontiers une forme intermittente d’un rhumatisme inflammatoire non classé et ayant la particularité de se manifester par des épanchements synoviaux à prédominance lymphocytaire et surtout peu riche en polynucléaires neutrophiles [48].

Tableau 2

Rhumatismes intermittents : entités envisageables

Fréquents :

  • Rhumatismes microcristallins
  • Goutte
  • Maladie des dépôts de pyrophosphate de calcium
  • Rhumatisme abarticulaire à apatite

Rares, héréditaires, avec accès fébriles.
Les quatre grandes fièvres héréditaires périodiques :

  • TRAPS ou fièvre hibernienne
  • Maladie périodique (fièvre méditerranéenne familiale)
  • Syndrome de Muckle-Wells, et proche l’urticaire au froid familiale
  • Syndrome Hyper-IgD

Rares, au cours de maladies systémiques
Maladie de Still de l’enfant et de l’adulte à forme systémique polycyclique
Maladie de Behçet
Lupus érythémateux systémique
Arthrite et para-arthrite de l’urticaire retardée à la pression
Vascularite de moins de six mois d’évolution
Cryoglobulinémie

Rares et d’origine infectieuse
Maladie de Lyme
Maladie de Whipple
Arthrites virales
Cryoglobulinémie

Certaines ethnies
Arthrites récurrentes des hémoglobinopathies


Troubles métaboliques
Goutte
Rares rhumatismes intermittents des hyperlipoprotéinémies

Origine aseptique (?)
Maladies articulaires de l’enfant « PAPA syndrome », syndrome de Marshall
Arthrite de la mucoviscidose
Ostéites récurrentes

Le concept de rhumatisme palindromique
Rhumatisme palindromique isolé ou mode de révélation d’une polyarthrite
rhumatoïde ou plus exceptionnellement d’une spondylarthropathie, d’un
lupus érythémateux systémique
Nodulite rhumatoïde (rhumatisme palindromique, nombreux nodules rhumatoïdes)
Hydarthrose périodique

Le syndrome de Flory

4. Conclusion

Le Tableau 3 donne des arguments permettant d’évoquer la possibilité d’une fièvre héréditaire périodique chez un patient donné et son diagnostic différentiel. Le grand bouleversement actuel dans le démembrement des rhumatismes intermittents d’origine génétique, principalement dans le domaine des fièvres périodiques héréditaires invite à centraliser les recherches ADN dans des centres hyperspécialisés à la fois pour confirmer les anomalies génétiques qui sont déjà pour certaines une aide diagnostique, mais aussi pour se mettre dans les meilleures conditions de nouvelles découvertes, en s’appuyant par exemple sur le site Internet Orphanet. Mais la proposition d’aller plus loin dans les études des mutations géniques et aussi celles portant sur des anomalies de cytokines ou de récepteurs de cytokines comme le TNFRSF1A pour le TRAPS passe par une sélection rigoureuse des patients en fonction des critères différentiels que nous avons envisagés ici [49]. Les quelques centres spécialisés ne pourront faire face qu’aux demandes ayant une forte probabilité d’aboutir à la confirmation du cadre nosologique envisagé, tout en permettant de découvrir d’autres mutations. Un site Internet [50] est ouvert et tenu à jour pour faire la synthèse des différentes mutations au cours des fièvres périodiques héréditaires.

Tableau 3

Arguments pour évoquer et différencier une fièvre périodique familiale

A. Arguments évoquant une fièvre périodique familiale
1. Présence d’un accès fébrile avec signes associés de quelques jours ou semaines, rarement mois.
2. Accompagnée de manifestations inexpliquées transitoires telles que douleurs abdominales, arthralgies ou arthrites, myalgies, éruption, conjonctive, oedème péri-orbitaire, orchite, pleurésie, péricardite, adénopathies.
3. Antécédent personnel de fièvre intermittente inexpliquée avec un ou plusieurs signes du point ci-dessus 2.
4. Antécédent familial semblable horizontal ou vertical.
5. Origine ethnique.
B. Arguments différenciant les fièvres périodiques familiales
Analyse du mode de transmission
Durée des crises
Nature et étendue des manifestations cliniques
Réponse aux traitements
Dosage du TNFRSF1A
Analyse orientée génomique et ou PCR

 


Références

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© SFR - C. Masson et al. / Revue du Rhumatisme 71 (2004) 565–572