© Soumission Congrès 2005
SFR
Société Française de Rhumatologie
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 RESUME SELECTIONNE
 Pu.81

Une interaction méconnue entre le paracétamol et les AVK : le risque d'hypocoagulation


 Introduction

Le paracétamol est l'antalgique de première intention dans de nombreuses situations cliniques, compte tenu de son rapport bénéfice/risque tout à fait favorable. Chez les patients sous AVK, les cliniciens ont fréquemment recours au paracétamolcompte tenu des interactions fréquentes avec d'autres molécules comme les AINS ou le tramadol. Cependant contrairement à ce que croient de nombreux cliniciens, le paracétamol interagit avec les AVK par inhibition de leur métabolisme hépatique, ce qui peut conduire à des surdosages en AVK.

 Cas Clinique

Nous présentons une observation illustrant cette interaction chez un homme de 72 ans hospitalisé en urgence suite à l'apparition d'hématomes cutanés diffus. Il était traité par glimepiride pour un diabète non insulino dépendant, par ramipril pour une hypertension artérielle et avait été mis sous fluindione il y a 3 ans suite à un épisode d'arythmie complète par fibrillation auriculaire. Son INR était parfaitement stabilisé depuis 6 mois avec la même dose d'AVK. La compliance au traitement anticoagulant était correcte tout comme le respect des règles diététiques avec les AVK. A l'arrivée aux Urgences, on notait de volumineux hématomes en regard de la cuisse droite, du bras gauche et de l'avant bras droit ainsi que des phlyctènes buccales hémorragiques. L'INR était à 8, avec diminution des facteurs de la coagulation vitamine K dépendants. L'interrogatoire ne retrouvait pas de facteur ayant pu favoriser l'hypocoagulation. On notait simplement l'introduction depuis 10 jours de paracétamol pour une gonalgie gauche, à la dose de 4 grammes/jour. Après perfusion de vitamine K et de PPSB, l'INR redescendait entre 2 et 3 et en l'absence de nouvelles complications hémorragiques, le patient regagnait son domicile 5 jours plus tard.

 Discussion

Des recommandations de l'ACR préconisent une surveillance rapprochée de l'INR chez les patients sous AVK à qui on introduit du paracétamol, compte tenu du risque d'hypocoagulation, ce qui a été corroboré par les résultats de plusieurs études contrôlées.

 Conclusion

La combinaison AVK/paracétamol, très souvent utilisée en rhumatologie nécessite une surveillance attentive de l'INR compte tenu du risque de surdosage en AVK. Cette interaction peu connue des cliniciens peut parfois entraîner des complications hémorragiques graves, voire mortelles.

Mots-clefs :
paracétamol
Anticoagulants oraux
interaction médicamenteuse

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