© Soumission Congrès 2009
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Société Française de Rhumatologie
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 RESUME SELECTIONNE
 O.61

Corrélations phénotype-génotype au sein d’une famille atteinte du syndrome de Muckle-Wells avec évidence d’une hétérogénéité clinique
M. Piram, T. Tran, I. Marie, L. Cuisset, I. Koné- Paut

 Introduction

Le syndrome de Muckle-Wells (MWS) est une maladie auto-inflammatoire rare de transmission autosomique dominante. Il fait partie du spectre des cryopyrinopathies (syndromes CAPS) dont l'urticaire familiale au froid (FCAS) représente la forme la plus atténuée et le syndrome CINCA (Chronic Infantile Neurologic Cutaneous and Articular) la plus sévère. Les corrélations génotype-phénotype sont mal connues et l'existence de phénotypes intermédiaires est probable. Le but de ce travail est de décrire l'hétérogénéité du phénotype CAPS chez 4 patients issus d'une même famille ayant donc le même génotype.

 Patients et Méthodes

Les dossiers médicaux d'une mère de 47 ans et de ses enfants âgés de 20, 11 et 3,5 ans atteints de MWS ont été revus et comparés. L'interrogatoire et la description clinico-biologique de la maladie étaient notifiés de manière régulière et exhaustive dans les dossiers. Tous ont une mutation hétérozygote R260W dans le gène NLRP3.

 Observation

La comparaison des histoires montre de nombreuses similitudes : apparition d'une urticaire néonatale généralisée quasi permanente, livédo réticulé, propension aux hématomes lors de traumatismes minimes, rougeur oculaire apparaissant dès la 1ère année de vie, arthralgies/arthrites prédominants aux membres inférieurs dès l'âge de la marche, œdèmes des extrémités, myalgies, fatigue, sensation de froid à prédominance vespérale, céphalées, retard de langage et importantes difficultés scolaires, poussées déclenchées/aggravées par le froid ou la fatigue. Cependant, ces patients diffèrent par un certain nombre de points : intensité des crises (étendue de l'urticaire, douleur et gêne fonctionnelle due aux arthralgies/myalgies, sensation de froid, fièvre), fréquence des crises (1 à 10 /mois), durée des crises (2 à 20j), précocité des signes (surdité dès 9 ans chez un enfant versus 30 ans chez la mère), symptômes non partagés par tous (vertiges, acouphènes, dépression, retard de croissance, hippocratisme digital), symptomatologie différente : malaises, trouble du comportement auto/hétéro-agressif, hypertension intracrânienne, méningite aseptique chez un enfant. Ces symptômes associés à sa légère dysmorphie évoquent le syndrome CINCA. La mère présente une légère ataxie, des paresthésies avec ponction lombaire normale mais lésions de démyélinisation à l'IRM. A noter que les chiffres de CRP et SAA étaient relativement bien corrélés à la sévérité clinique et qu'aucun ne présente actuellement d'atteinte rénale.

 Discussion

L'histoire naturelle des CAPS n'est pas bien définie. Certains signes apparaîtront secondairement mais le phenotype est différent (MWS/ CINCA) malgré la même mutation. Les lésions démyélinisantes, les hématomes n'ont jamais été décrits dans cette pathologie et ne nous semblent pas fortuits.

 Conclusion

Cette famille démontre l'hétérogénéité clinique des syndromes CAPS chez des patients ayant la même mutation et évoluant dans le même environnement. D'autres facteurs influençant le phénotype sont probables et restent à découvrir. L'inclusion de ces patients dans un registre et leur suivi à long terme est une étape primordiale pour une meilleure connaissance de ces pathologies.

Mots-clefs :
Syndrome de Muckle et Wells
auto-inflammatoire
CINCA

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