© Soumission Congrès 2008
SFR
Société Française de Rhumatologie
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 RESUME SELECTIONNE
 Ma.64

Intérêt des anti-CCP dans l’exploration des rhumatismes inflammatoires débutants
W. Korbaa, S. Zrour, M. Younes, I. Bejia, M. Touzi, N. Bergaoui

 Introduction

Les anticorps anti CCP constituent un marqueur biologique sensible et spécifique de la polyarthrite rhumatoïde (PR). Qu'en est-il pour les autres rhumatismes inflammatoires. A travers une étude prospective transversale de 245 patients présentant une atteinte articulaire inflammatoire débutante non étiquetée jusque là, nous avons cherché la prévalence de l'anti CCP et sa corrélation avec les autres éléments de diagnostic positif.

 Matériels et Méthodes

Tous les patients consécutifs, consultant au service pour la première fois pour exploration diagnostique d'une atteinte articulaire inflammatoire de 2004 à 2007 sont inclus avec une exploration clinique et paraclinique incluant la recherche des anti-CCP2 par ELISA. Les échantillons dont les résultats sont inférieurs à 5 UI/ml sont considérés comme négatifs.

 Résultats

Il s'agit de 179 femmes et 66 hommes avec un âge moyen de 46 ans (12-88). L'atteinte polyarticulaire est symétrique dans 67 % des cas. L'atteinte articulaire est chronique dans 80 % des cas. Des signes extra articulaires sont présents dans 47,3 % des cas surtout à type d'atteinte oculaire (16 %) et atteinte cutanée (13%). Les anti-CCP sont positifs dans 30 % avec un taux moyen de 75 UI (10-157). Le facteur rhumatoïde (FR) est positif dans 32 % et les AAN dans 6,5 % des cas. Le diagnostic retenu est celui de PR dans 48,6 %, une arthrite inclassable dans 16 %, une polyarthrose et une spondylarthrite ankylosante respectivement dans 4,5 %, une arthropathie microcristalline dans 4,7 % des cas, un syndrome post streptococcique dans 2 %, une arthrite chronique juvénile et une maladie de Still dans 1,6 % chacune, un syndrome de Sharp et une maladie de Behçet chacune dans 1%, une dermatopolymyosite, un syndrme RS3PE, un rhumatisme palindrmique et un syndrome de Gougerot Sjogren chacun dans 0,5%. Le diagnostic étiologique était retenu avant les anti-CCP dans 31,4 % et après le résultat des anti-CCP dans 68,6 %. Les anti-CCP sont présents dans 59 % des PR et dans un seul cas de dermatopolymyosite soit 2 % des cas en dehors d'une PR. Ainsi, la VPP des anti-CCP pour la PR est de 97 % et la VPN de 71 %, avec une sensibilité de 59% et une spécificité 98%. Concernant le facteur rhumatoide, sa sensibilité est de 59 % et sa spécificité de 91 %. Les facteurs associés à des anti-CCP positifs sont l'âge avancé (p = 0,02), la polyarthrite symétrique (p<10ˉ³), selon un mode chronique (p = 0,043) et afébrile (p<10ˉ³), la présence de déformation articulaire (p = 0,011) notamment des mains (p<10ˉ³), la présence de signes oculaires (p = 0,001), la présence de géodes aux radiographies (p<10ˉ³), un taux élevé de facteur rhumatoïde (p<10ˉ³).

 Conclusion

La recherche des anti-CCP constitue une aide diagnostique importante pour le diagnostic de la PR. En effet, ils ne sont positifs que dans 2 % des cas en dehors d'une PR et ils sont plus spécifiques que le FR.

Mots-clefs :
Anti-CCP
rhumatisme inflammatoire

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