© Soumission Congrès 2010
SFR
Société Française de Rhumatologie
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 RESUME SELECTIONNE
 Ma.53

Une femme ménopausée fracturée est-elle nécessairement une femme qui ne mange pas assez de calcium ?
V. Ducoulombier, C. Prudhomme, M. Vandecandelaere, H. Luraschi, E. Houvenagel

 Objectif

Apprécier les apports calciques alimentaires au sein d’une cohorte de femmes ménopausées ayant présenté une fracture. Quelle est la proportion de femmes ne consommant pas assez de calcium ? Une supplémentation médicamenteuse en calcium est-elle souvent nécessaire chez les patientes débutant un traitement anti-ostéoporotique ?

 Patients et Méthodes

Inclusion consécutive de patientes âgées de plus de 50 ans, victimes d’une fracture suite à un traumatisme de faible énergie, ayant bénéficié d’une prise en charge en hospitalisation de jour dans le cadre d’une filière de dépistage de l’ostéoporose. Les apports calciques ont été évalués par une diététicienne au moyen de questionnaires alimentaires validés et standardisés.

 Résultats

431 patientes ont été incluses. Elles étaient âgées en moyenne de 65,5 ans (+/-8,6 ans).
La ration calcique moyenne était de 1112 mg/l (+/- 546 mg/l).
143 patientes consommaient moins de 1000 mg/j (soit 33,1%), 213 consommaient moins de 1200 mg/j (soit 49.4%), 291 consommaient moins de 1500 mg/j (soit 67.5%).
L’indication d’un traitement anti-ostéoporotique a été retenue chez 254 patientes (soit 58,9%). Parmi ces 254 patientes, 170 consommaient plus de 1000 mg/j (soit 66%), 125 consommaient plus de 1200 mg/j (soit 49,2%), et seulement 76 consommaient plus de 1500 mg/j (soit 29,9%).

 Discussion

D’après la conférence de consensus du NIH (National Institute of Health, 1994), les apports recommandés en calcium chez la femme ménopausée sont de 1500 mg/j. Pour l’Afssaps, ils sont de 1200 mg/j après 55 ans (Afssaps-CNERNA 2000).
Plusieurs travaux ont évalué la ration calcique quotidienne moyenne chez les femmes françaises de plus de 50 ans et retrouvaient des valeurs largement inférieures à ces chiffres. Notre population présente une ration calcique un peu plus élevée, mais qui reste inférieure à 1200 mg/j ; on note par ailleurs une grande disparité entre les patientes.
Parmi les femmes chez qui un traitement anti-ostéoporotique a été débuté, très peu consommaient plus de 1500 mg/j. La proportion de femmes ingérant plus de 1000 mg/j était cependant relativement importante (environ 2 femmes sur 3). Cette limite de 1000 mg peut être intéressante à considérer. Elle désigne des femmes dont la ration calcique est certes insuffisante mais peu éloignée des apports recommandés, et chez qui des conseils diététiques personnalisés pourraient dans la majorité des cas suffire à normaliser la ration calcique.

 Conclusion

Ces résultats montrent la fréquence du déficit en apports calciques chez des patientes prises en charge au sein d’une filière. Dans bon nombre de cas, les déficits ne sont pas majeurs et sont susceptibles d’être corrigés par l’alimentation.

Mots-clefs :
Calcium
Fracture ostéoporotique

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