© Soumission Congrès 2010
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Société Française de Rhumatologie
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 RESUME SELECTIONNE
 Me.81

Rentabilité du bilan biologique chez 271 patientes ménopausées vues en consultation pour suspicion d'ostéoporose
J. Laborderie, E. Loppin, R. Brault, G. Durand, F. Debiais

 Introduction

Devant la suspicion d’une ostéoporose, un bilan biologique est indispensable pour éliminer une autre cause d’ostéopathie fragilisante, et, si le diagnostic d’ostéoporose est retenu, pour rechercher une éventuelle origine secondaire. Il n’y a cependant pas de consensus quant au bilan biologique minimal à réaliser et peu de travaux ont étudié la rentabilité de ce bilan. Nous avons donc réalisé une étude rétrospective à partir des données de patientes ménopausées vues en consultation sur une période de 2 années dans le service de Rhumatologie du CHU de Poitiers en raison de la decouverte d'une ostéoporose densitométrique ou de l'existence de fractures par fragilité avec un T-score < -1. Les objectifs de notre étude étaient de déterminer la fréquence des anomalies biologiques retrouvées, la fréquence des causes de fragilisation osseuse non connues auparavant, et les examens biologiques les plus discriminants pour dépister ces affections.

 Patients et Méthodes

Deux cent soixante et onze femmes ménopausées (d’âge moyen 65.7 ± 10.0 ans) vues en consultation pour suspicion d’ostéoporose ont eu un examen clinique et un bilan biologique comportant en règle : NFS, VS, CRP, calcémie, phosphorémie, phosphatases alcalines totales, 25-hydroxyvitamineD, hormone parathyroïdienne (PTH), électrophorèse des protides sériques, , créatininémie, bilan hépatique, TSH, calciurie des 24 heures, protéinurie des 24 heures. D'autres examens biologiques ont pu être efectués en fonction des données de l'examen clinique et des examens biologiques initiaux.
Les patientes ont ensuite été réparties en 3 classes diagnostiques : soit le bilan biologique a permis d’identifier un déficit isolé en vitamine D (vitamine D ≤ 75 nmol/l), soit le bilan biologique a permis d’aboutir à un nouveau diagnostic autre qu’un déficit isolé en vitamine D, soit le bilan biologique n’a pas été contributif. Nous avons comparé les fréquences des anomalies biologiques en fonction de la classe diagnostique ; un examen a été jugé discriminant s’il existait une différence statistiquement significative (p<0.05) dans la répartition des fréquences des anomalies biologiques en fonction de la classe diagnostique de la patiente.

 Résultats

Au moins une anomalie biologique a été retrouvée chez 92.3% des patientes. L’anomalie biologique la plus fréquente était un déficit en vitamine D présent chez 81.9% des patientes, venaient ensuite l’hypercalciurie et l’élévation de la PTH.
Chez 68.6% des patientes a été diagnostiqué un déficit isolé en vitamine D. Chez 40 patientes (14.7% des patientes), a été diagnostiquée au moins une cause de fragilisation osseuse autre qu’un déficit en vitamine D : 23 hyperparathyroïdies (dont 6 primitives), 9 hypercalciuries idiopathiques, 9 gammapathies monoclonales de signification indéterminée, 2 hypercorticismes, 1 insuffisance rénale chronique sévère, 1 cancer du sein métastasé, 1 hypophosphatasie. Chez 16.7% des patientes le bilan biologique n’a pas été contributif.
Les examens biologiques discriminants pour la classe diagnostique étaient la calcémie, la 25-hydroxyvitamineD, la calciurie des 24h, la PTH, l’électrophorèse des protides sériques.

 Conclusion

Dans notre étude ciblant une population de femmes ménopausées suspectes d’ostéoporose suivies en consultation, la découverte grâce au bilan biologique d’une nouvelle affection pouvant entraîner une déminéralisation osseuse ou un risque accru de fractures par fragilité est fréquente.
Ces résultats devront être confrontés aux conclusions d’une étude prospective de stratégie diagnostique réalisée actuellement de façon multicentrique.

Mots-clefs :
Ostéoporose post ménopausique
bilan pré-thérapeutique

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